Allain Gaussin
Photographie : © Isabelle de Rouville


« Dès le premier contact avec sa musique, j'ai eu le sentiment de me trouver en présence d'une nature artistique authentique. Chez Allain Gaussin s'harmonisent très heureusement un sens poétique inné et un goût de la recherche et de l'expérimentation des techniques les plus évoluées de notre temps… » – Henri Dutilleux, 1981

« L’astronomie passionne depuis toujours Allain Gaussin, comme en témoigne le titre Années-Lumière, l’une de ses partitions d’orchestre les plus foisonnantes achevée en 1993. Un pupitre important de percussions s’ajoute à l’orchestre mettant les vents par quatre. Il s’agit pour le compositeur d’élaborer d’un seul tenant une trajectoire du Temps et des Couleurs conduite par de longs processus qui vont densifier progressivement la matière ou la réduire à quelques timbres purs. La qualité des textures des premières pages Danse de l’univers, superbement rendues par l’orchestre, renvoie l’écoute à un « au-delà électrique » très troublant. Entre tension exacerbée, éclatement de l’espace et brusque déchirure (cuivres graves contre piccolos), le traitement des masses sonores dans cette grande vibration du cosmos n’est pas sans rappeler celui de Xenakis. Spectaculaires également sont les « figures rubans », sorte de lignes-fusées qui s’échappent du magma sonore de la cinquième et dernière partie L’univers en expansion. L’embrasement de l’espace sous la résonance des tam, gong et autres percussions résonnantes confèrent aux dernières pages une dimension verticale et visionnaire qui rejoint ici le geste du maître Messiaen. À la tête d’un orchestre très coopérant, le chef argentin Fabián Panisello parvient à créer une synergie au sein de pupitres très sollicités qu’il galvanise de sa direction aussi efficace que puissante. » – Michèle Tosi, ResMusica, 6 décembre 2017 – lien