Après Satori (1998) et Jardin Zen (1999), Tokyo-city est la troisième œuvre que j'ai composée pour exprimer les diverses émotions que j'ai ressenties lors de mes précédents voyages au Japon.

Avec Tokyo-city pour piano, il faut voir non pas l'aspect descriptif de cette capitale, mais bien plus le regard métaphorique d'un étranger tout d'abord perdu dans cette immense cité, puis, peu à peu englouti dans l'extraordinaire énergie qui s'en dégage. J'ai voulu aussi exprimer cette sensation d'harmonie et de couleurs que j'avais éprouvée au fil de mes promenades dans la ville.

Sur le plan musical, Tokyo-city a été composée selon le principe d'anamorphose en enchaînant plusieurs idées musicales dans une seule et grande partie. L'ensemble est construit dans une enveloppe formelle dont l’axe de symétrie est proche du nombre d’or. La symétrie concerne à la fois le tempo et l’inversion du registre.

Ainsi Tokyo-city commence de façon mystérieuse et énigmatique dans l'extrême grave du piano avec un contrepoint resserré à trois voix d'une très grande lenteur. Puis, très progressivement, le tempo s'accélère avec l'émergence d'une polyphonie flottante allant peu à peu vers le registre médium. Se dévoile alors insensiblement une figure musicale qui se transforme en une "toccata-canonique" très obsédante. Par symétrie et dans un immense "rallentendo", cette toccata se déforme très lentement pour laisser apparaître un univers de plus en plus harmonique (certaines harmonies ont l'éclat du cristal). L'œuvre s'achève de façon très épurée dans l'extrême aigu du piano.

3A

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