Cette Eau-forte "musicale" s'apparente à celle des plasticiens par ses proportions, son matériau perçu, et son "alchimie" interne.

A l'image des formats plutôt petits des eaux-fortes, ma pièce est brève : 4' 15" et son effectif instrumental réduit (un quintette).

De même que les eaux-fortes, bien souvent monochromes, peuvent contenir quelques couleurs différentes, je n'utilise ici que trois matériaux distincts 2 au quatuor (fl, cl, vi, vlc) et 1 au piano.

La dernière analogie se situe au niveau de l'un des procédés techniques de la gravure propre à l'eau-forte : l'acide nitrique attaque progressivement la plaque de cuivre et fait apparaître peu à peu des formes nouvelles dans un Temps chronologique qui n'est pas régulier. Ici, cette idée est évoquée musicalement, par ce qui constitue la principale caractéristique d'Eau-Forte : une étude rythmique basée sur l'inversion très progressive d'un concept qui affecte l'organisation interne du Temps :

[ Tempo fixe - Rythme instable ] -> [ Tempo instable - Rythme fixe ].

Cette lente transformation fait apparaître (autour de certaines pulsations) des phénomènes d'attraction et de gravitation qui déforment toute régularité dans la perception du Temps.

Entraînée par l'inertie du dernier cycle de croches homophones du piano, l'oeuvre s'achève par un unisson rythmique, comme figée, remettant le métronome et la "flèche du Temps" à une valeur fixe. Ici, Rythme et Tempo, après s'être constamment opposés, finissent par s'unir, créant ainsi une interaction temporelle forte.

3A

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